On lit quoi? – « La femme qui fuit » – Anaïs Barbeau-Lavalette

La femme qui fuit – Anaïs Barbeau-Lavalette – Editions « Le Livre de poche » – 448p –  format ebook

 

RésuméElle s’appelait Suzanne Meloche. Était aux côtés de Borduas, Gauvreau et Riopelle quand ils signent le Refus global en 1948. Fonda une famille avec le peintre Marcel Barbeau. Abandonna très tôt ses deux enfants.
Afin de remonter le cours de la vie de sa grand-mère, qu’elle n’a pas connue, l’auteur a engagé une détective privée et écrit à partir des indices dégagés. À travers ce portrait de femme explosive, restée en marge de l’histoire, Anaïs Barbeau-Lavalette livre une réflexion sur la liberté, la filiation et la création d’une intensité rare et un texte en forme d’adresse, directe et sans fard, à celle qui blessa sa mère à jamais.

Mon avis : Voilà un livre… bouleversant!!! L’auteur, petite-fille du personnage central a par sa plume su me prendre aux tripes pour évoquer cette femme qui dès les premières pages ne m’inspirait aucune sympathie… L’abandon de ses enfants, le mal qu’elle leur a fait en les quittant a laissé mon coeur de maman dans la plus totale incompréhension. Puis au fil des pages, Anaïs Barbeau-Lavalette nous raconte , avec une narration à la deuxième personne qui ajoute une sensibilité certaine, et que l’on sent sincère, au récit, celle qui aura brisé à jamais le coeur de sa mère. Divisé en époques, il retrace la vie de Suzanne Méloche, depuis l’enfance jusqu’à après sa mort. Et je dois dire que j’aurais fini par trouver cette femme belle, attachante, poignante. Cette femme qui s’est punie seule de l’amour inconditionnel de ses enfants. Suzanne m’a donné le sentiment d’être meurtrie dans ses contradictions: celle d’aimer ses enfants « trop fort » d’un côté et de l’autre celle de vivre la vie libre dont elle était affamée. L’une et l’autre étant incompatibles, mais ni l’une ni l’autre lui apportant un bonheur entier. Elle ne voulait pas posséder ni être possédée, elle a donc fuit chaque fois qu’elle s’attachait ou qu’un être s’attachait… Une femme qui sera morte avant de trouver vraiment sa place dans le monde. Ce récit tellement réaliste se lit comme une biographie (dont les chapitres courts m’auront fait dévorer ce livre avec une avidité certaine)  mais il ne faut pas oublier que l’auteure a écrit à partir du peu d’élément connu et qu’elle a imaginé la vie de cette femme qui est restée, malgré leurs liens du sang,  une inconnue. Je vous recommande vraiment ce livre prenant et poignant!

Ma note sur 5 : ❤ ❤ ❤ ❤ ❤

Merci à NetGalley et Le Livre de Poche de m’avoir permis de découvrir ce livre. Si il vous tente, retrouvez-le sur  ICI  ou dans toutes les bonnes librairies .

Extrait :
 » Parce que je suis en partie constituée de ton départ. Ton absence fait partie de moi, elle m’a aussi fabriquée. Tu es celle à qui je dois cette eau trouble qui abreuve mes racines, multiples et profondes. 
Ainsi, tu continues d’exister. 
Dans ma soif inaltérable d’aimer. 
Et dans ce besoin d’être libre, comme une nécessité extrême. 
Mais libre avec eux.
Je suis libre ensemble, moi.« 

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